
Les règles du jeu
Chaque lieu mérite une attention soutenue pour qu'un projet de paysage durable et sur-mesure s'y déploie. Pour cela, le travail d'écriture et de programmation en amont permet de s'accorder sur les enjeux et d'ajuster la méthode de projet au contexte.
Agir avec méthode

1. Relevé d'état des lieux
Nous intervenons dans des lieux délaissés, sur des aménagements figés et des espaces à l'entretien systématique — friches urbaines, squares ou parcs en déshérence, cours d'hôpitaux, cours d'école… (Des espaces où il existe des envies mais où rien ne permet plus de les y accueillir). Nous y observons, accompagné•es des habitant•es, gestionnaires, usager•es, toutes les caractéristiques qui les constituent: des sols aux plantes, de l'histoire aux usages présents et souhaités. Nous recueillons scrupuleusement toutes les ressources disponibles pour anticiper dès le début les perspectives de réemploi et de gestion écologique.
2. Esquisse du projet
L'esquisse rassemble ces connaissances acquises sur le terrain et permet de définir le champs des possibles. Nous développons des aménagements rustiques guidés par la connaissance des dynamiques végétales et la transmission de gestes économes issus de l'intelligence pratique jardinière et paysanne. Nous les retranscrivons en plans, coupes, dessins de détail ou d'ambiance afin de pouvoir les transmettre au plus grand nombre pour une validation collective.


3. Chantiers collectifs
Nous organisons les chantiers de façon à inclure les acteurs de la co-construction jusqu'à la réalisation (groupes associatifs, professionnels de l'aménagement, jardiniers des collectivités, enfants, enseignants…). Ces temps en commun et dans l'action sont un moment de partage et de transmission des savoirs. Il permettent aussi de régler sur place les intentions spatiales de l'esquisse, d'en adapter les intuitions à la réalité ou de revenir sur une proposition.
4. Ajustements et gestion
Ce processus itératif d'allers-retours en plusieurs chantiers permet de finaliser le projet en élaborant un plan de gestion naturaliste, issu de l'expérience du terrain, qui règle les points de soin, les saisonnalités et les fréquences de l'entretien. Les chantiers de suivi nous offrent alors l'occasion de partager les gestes favorables à la vie des milieux et de donner des formes inventives au réemploi des rémanents. Ces interventions légères permettent ainsi de pratiquer cette philosophie du travail jardinier, en confirmant ou en réorientant les intuitions du projet au fil du temps.

Mettre en oeuvre des convictions : six principes pour observer, agir et transmettre autrement
Travailler en intelligence avec le site
Observer, comprendre et intégrer les dynamiques (spatiales, végétales, humaines et sociales) qui font les lieux. La richesse est sur le terrain !
Agir par l'économie de moyens
Expérimenter le développement d'une gestion écologique pionnière des espaces publics et développer cette stratégie où les ressources qu'offre le site sont notre matière de travail, dans le long terme. On ne jette pas, tout est bon pour faire du beau !
Élaborer une base de connaissance
Récolter nos expériences et faire fructifier ces savoirs que nous pourrons partager et transmettre. Faire mémoire des expériences !
Transmettre une nouvelle manière d'agir
Par la pratique du chantier, partager et faciliter ce savoir-faire pour aider à la décision dans la conduite du vivant, la mise en forme des matériaux, etc. C'est en faisant qu'on apprend !
Développer de nouveaux moyens artistiques
Proposer une esthétique surprenante et inventive, liée à la valorisation complète de la ressource. Le paysage est aussi intérieur !
Se donner le droit à l'erreur
L'expérience de l'espace et de ses usages se fait par des interventions légères et "grandeur nature" qui permettent de valider ou de réorienter les intuitions de projet. Penser réversible !
